Nantes – Guérande et le parc régional de Brière

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Nous avons profité du Salon de Nantes pour nous promener pendant quelques jours en Loire-Atlantique, Guérande et le parc régional de Brière, puis nous nous sommes aventurés jusqu’à l’Océan au Croisic

La porte Saint Michel, entrée de la ville au XVe siècle

Guérande, objet de convoitise et de différents entre les ducs de Bretagne au cours des siècles, est toujours enserrée dans une enceinte fortifiée de l’époque médiévale encore bien préservée, où les portes imposantes dominent de leur superbe les voyageurs ébahis

Guérande est une petite ville très touristique, avec ses innombrables boutiques « d’artisanat et créateurs d’art » aux objets de décoration anodins, inutiles et chers, les mêmes que l’on rencontre d’ailleurs partout en France

La monumentalité n’empêche pas l’humour sur la porte Saint Michel

La spécialité de l’endroit est quand même le sel, impossible d’échapper à la publicité quasi envahissante vantant un produit devenu quand même bien banal, comme si la fleur de sel avait le pouvoir de transformer un modeste plat en agapes gastronomiques !

Spécialité sel : aux algues, épices, piment…

Les confiseries locales rivalisent toutes d’ingéniosité pour inclure le sel de Guérande dans des biscuits, caramels, chocolats…en faisant quand même l’impasse sur une sur-consommation quotidienne de sel pourtant bien alarmante

Où l’art de faire passer un prosaïque condiment pour de « l’or blanc » !

La ville doit sa richesse passée au sel, qu’elle exportait dans tous les pays du Nord de l’Europe, celui-ci étant indispensable, jusqu’à la fin du XIXe siècle, à la bonne conservation des viandes et des poissons

Les maisons bourgeoises se pressent autour de la collégiale Saint Aubin

Au XVIIe siècle, les fortunes acquises grâce au commerce du vin local et du sel permirent aux notables de se faire construire de belles maisons en granit, remplaçant les maisons en bois du Moyen Age

La collégiale Saint Aubin, cœur de la ville médiévale

Maisons bourgeoises des riches négociants aux façades austères, dépourvue de décoration, où le seul luxe affiché résidait dans les ardoises recouvrant les toits …

Les bleus grisés en enfilade

…Aux demeures des nobliaux bretons flanquées de leurs tours coiffées en poivrière comme symbole de leur supériorité sur le commun des habitants de la ville

Guérande – Hôtel dit de la prévôté

D’autres maisons à l’appareillage rustique, mais affichant d’orgueilleuses armoiries prennent, grâce à un coup de peinture, un aspect un peu plus engageant

Guérande – La maison rouge voisine de la collégiale

Les vieilles maisons bretonnes, crépies de blanc où de solides poutres de chêne cohabitent avec la pierre de granit…

Jolis rideaux en dentelle aérienne ne laissant rien à cacher

…Abritant soit l’atelier d’un peintre spécialisé dans une veine maritime…

Atelier de peintre

…Soit une crêperie…

Murs en granit – Chapelle N D La Blanche et maison bleue aux glycines

…Se laissent difficilement conquérir par le vert ou bien à l’inverse, sont en passe de se faire absorber par une végétation exubérante

Guérande – La crêperie aux volets bleus

L’heure n’étant pas encore au repos du soir, nous continuâmes vers les marais de Brière…

Colloque muet sur un toit guérandais

Dans ce parc régional du marais de Brière, des guides locaux proposent, pour partir à sa découverte, des promenades en barque parmi quelques kilomètres de canaux, cette époque de l’année étant bien agréable pour profiter du calme, compte tenu du nombre restreint de touristes

Promenade en chaland sur les eaux calmes

Nous espérions voir les nombreux oiseaux peuplant ces territoires de ciel et d’eau, mais le moteur qui équipe les « chalands » de promenade nécessaire pour nous emmener rapidement au cœur du marais les fait évidemment fuir

Pendant le long moment, où à la perche, notre guide a laissé dériver sa barque dans un calme propice aux seuls bruits de la nature, nous avons dû nous contenter d’admirer des vols …de canards !

Époque de pleine floraison des iris des marais

Au cœur du marais, au bruit du vent agitant les roseaux se mêlent tout près des berges, les va-et-vient affairés des ragondins qui s’activent à creuser leurs galeries

Ces animaux, espèce invasive, commettent beaucoup de dégâts, dégradent et fragilisent les berges et comme l’absence de prédateurs favorise leur reproduction pléthorique, certains  habitants des marais autorisés à les chasser, en viennent à manger leur chair qui est, parait-il, tout à fait comestible !

L’eau assombrie par le « noir », boues accumulées au fond du marais

Le marais a été exploité depuis des siècles pour les joncs afin de servir de couverture de chaume et de litière, pour la tourbe utilitaire et pour le « noir » tiré des curées afin de fertiliser les terrains, toutes activités maintenant disparues

Le milieu du marais plus profond d’où on extrayait la tourbe

La coupe du roseau à la main se perpétue, mais insuffisamment toutefois pour éviter l’envahissement du marais, qui n’est plus aujourd’hui qu’une vaste zone de loisirs

Le morta, bois très dur provenant des chênes fossilisés des marais

Le marais de Brière appartient en indivision aux habitants des communes environnantes qui peuvent y chasser y pêcher et qui gardent un droit de pacage sur les prairies

Roselières sur les bords des canaux

Une petite heure de détente comme hors du temps, pleine de fraîcheur, de calme et d’observation

Vieille barque remisée à l’entrée du marais

Les villages dans un périmètre assez restreint dans la partie ouest du marais doivent respecter certains aspects conformes à la tradition du pays briéron comme le toit de chaume

Chaumière contemporaine près du marais

Les ravissantes chaumières du village de Kerhinet ont toutes été reconstruites à l’initiative des instances du parc naturel régional dans les années 1970, afin de laisser un témoignage des habitations traditionnelles de la région

Les chaumières du bocage jusqu’au début du XXe siècle étaient coiffées d’un toit de chaume descendant assez bas, protégeant les habitations souvent composées d’une pièce unique aux ouvertures étroites, contigües aux étables et blanchies à la chaux, pour un nécessaire assainissement

Kerhinet – La grande chaumière et son toit typique

Les habitants du pays, partis travailler dans les chantiers navals de la côte atlantique, avaient abandonné progressivement les toits de chaume, trop souvent synonymes de pauvreté, pour leur préférer les toits d’ardoise comme dans les villes aux meilleures conditions de vie

Les chaumières modernes, restaurées après 1970, et implantées de part et d’autre des chemins selon l’organisation traditionnelle du paysage du bocage, sont souvent pourvues d’un étage et de plus grandes fenêtres laissent pénétrer la lumière mais doivent être revêtues obligatoirement de leur toit de chaume

Kerhinet -Chaumière ceinturée de son muret de pierre traditionnel

Le chaume ne vient plus des marais de Brière, trop coûteux à exploiter, mais de Camargue où le couper sur de grandes parcelles est maintenant fait mécaniquement

Kerhinet – Chaumière attendrissante de carte postale

Un toit de chaume coûte fort cher et ne dure environ que 30 ans, de plus les chaumiers étant peu nombreux à travailler, l’obligation devient trop contraignante, nombre de belles chaumières mises en vente trouvent difficilement preneurs, leurs prix atteignant des sommes étonnantes pour les gens de la région

Kerhinet – Chaumière aux fenêtres et porte vitrées selon la tradition

La longévité d’un toit dépendant de sa pente, de son exposition et de son environnement, il est souvent restauré par moitié, surtout s’il est épais, par souci d’économie avant de le changer complètement

Kerhinet – Toit de chaume à restaurer

Un toit de chaume protège du froid de l’hiver et garde une fraîcheur bienvenue pendant l’été

Kerhinet – La chaumière aux glycines

Les iris que l’on plantait auparavant sur le faîte du toit avaient pour tâche d’absorber l’eau stagnante sur le chaume, mais aujourd’hui la nappe de béton sous-jacente dispense de cet pratique pourtant bien ancrée dans la campagne bretonne

Chaumière aux alentours du marais de Brière

Une guide très éprise de son pays m’a fourni ces explications précieuses tout en conduisant la calèche qui nous brinquebalait de façon amusante à travers cette partie du marais

La jument de race « postier breton » qui sait faire seule la promenade !

Poursuivant vers l’Océan, en longeant les marais salants…

Un paludier travaillant sur ses oeillets, dans la presqu’île du Croisic

…Notre journée s’achevait au Croisic, petite ville de villégiature et petit port de cabotage sans charme particulier, mais rapide visite dans le magasin « La belle-iloise » afin d’y acheter ses fameuses conserves de sardines que nous apprécions tant

Pierre Bouguer, enfant du Croisic, hydrographe et théoricien de la navigation au XVIIIe siècle

Petite promenade sur la Côte Sauvage pour régénérer nos poumons d’air marin

Amusants rochers sur la Côte Sauvage

…Et retour sur Nantes afin de goûter au charme de diner dehors dans une rue piétonnière du vieux quartier historique du Bouffay

Fricassée de coquilles Saint Jacques chez « Maman », rue de la Juiverie

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