Paris – Un jour de Toussaint au jardin des Tuileries

Le mois de novembre qui précède la fin d’automne, peu apprécié en général, reste pour moi une période doucement mélancolique …

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Esplanade des Feuillants proche de la rue de Rivoli

…quand, à l’intérieur, bien au chaud, la lecture distraite par une pluie glacée qui tambourine aux carreaux, je profite de ce moment délectable…

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Le Louvre vu de la terrasse des Feuillants

…ou quand je vais, dans quelques jardins parisiens, fouler les feuilles mortes détrempées en me remémorant les poches enfantines bourrées de marrons bien luisants…

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Vert tendre de novembre, à Paris c’est possible !

… ou quand je vois les couleurs qui roussissent lentement, pas de rouge flamboyant comme au Japon mais des teintes qui se diluent lentement sous la pluie avant que le vent mordant presse les dernières feuilles à chuter inexorablement…

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Du vert inaltérable toujours

…pas vraiment de la tristesse, un peu de spleen pour l’année qui se prépare à s’enfuir…vite tempéré par une douce et succulente consolation  !

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Brioche maison dont je tairais pudiquement la teneur en beurre !

A deux pas du jardin des Tuileries, la Grande Dame de fer toise maintenant ces arbres qui, dans l’été rayonnant, s’obstinaient à lui faire de l’ombre

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Les gris splendides de l’automne parisien

Les lieux propices à la nonchalance sous les allées ombreuses ne tentent plus la foule …

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L’esplanade des Feuillants désertée

…grande foule qui trop souvent prompte à des débordements entraîne grillages, barrières et clôtures

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Raymond Masson – La foule – Bronze – 1963-1965

Le jardin des Tuileries offre aux promeneurs de bien beaux morceaux de l’art de quelques sculpteurs chargés à la fin du XIXe siècle de célébrer de manière grandiloquente les gloires de la IIIe République

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Laurent Honoré Marqueste – Monument à Waldeck-Rousseau – Marbre – 1909

En hommage au chantre de la liberté des syndicats, Marianne extatique présente au grand homme deux ouvriers reconnaissants que l’on imaginerait plus à l’aise en bleu de chauffe qu’en tenue d’éphèbes socialistes

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Union des prolétaires face aux 60 heures de travail hebdomadaire de la nouvelle loi sociale soutenue par Waldeck-Rousseau

Que deviendrait l’inénarrable sculpture académique de l’époque si les jardins et parcs publics n’abritaient plus tous ces Apollons et ces Vénus à la veine populaire ?

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Waldeck-Rousseau en buste, recevant la gratitude de la France

Les allergiques au genre bellâtre ne jetteront qu’un regard indifférent sur la belle plastique d’un Apollon néo-classique contemporain

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Paul Belmondo – Apollon – Bronze

Si Perrault m’était conté j’y prendrais toujours un plaisir extrême…surtout par surprise au détour d’un bosquet…

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Gabriel Pech – Monument à Charles Perrault – Marbre – 1909

…ou une évocation charmante des lectures de jeunesse tourbillonne et fait rentrer dans la danse un magnifique Chat botté sorti tout droit de nos rêves d’enfant

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Détail des petites filles qui ne se doutaient pas, à l’époque, que les contes sont faits pour les grands

Enfance toujours que l’on peut ne pas abonner aux chansons niaises d’une chanteuse qui n’en finit pas de jouer à la petite fille endimanchée

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Manège « à l’ancienne »

La belle surface des Tuileries se prête aux expositions de sculptures contemporaines qui souvent me laissent dubitative sur le sublime de l’œuvre d’art distinguée

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Willem de Kooning – Standing Figures – Bronze – 1969 -1984

D’autres, bien plus subtiles, s’amusent à des trompe-l’œil intrigants…

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7 mètres 50 d’acier poli et de miroir….

…ou le fait de démultiplier la végétation en cet automne demande une certaine participation du promeneur pour renforcer le plaisir naïf de la contemplation

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…dus à Francisco Sobrino – Sans titre – 1963-1971

Des œuvres proposées par la FIAC sont chargées d’embellir la promenade des Tuileries…

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Shen Yuan – Le pont – Céramique, tubes d’acier et dalle de béton – 2004

…ainsi « Le pont » illusoire de l’artiste chinoise Shen Yuan, comme jeté entre deux civilisations difficilement faites pour se rencontrer…

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Détail – Délicatesse de la céramique peinte à la chinoise

…passerelle impossible à emprunter ne permettant pas la traversée, métaphore des sentiments que peut éprouver tout exilé contraint de vivre dans un monde étranger à sa culture

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Détail – Réminiscence des azulejos que l’art musulman a apporté jusqu’en Chine

La pluie venant jouer les trouble-fête en cette fin d’après-midi de Toussaint, nous quittâmes à regret toutes « ces statues qui se tiennent tranquilles tout le jour mais qui, la nuit venue, doivent s’ébattent sur le gazon »…le rêve est permis même en novembre !

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Pierre Le Pautre – Faune au chevreau – 1685 – Moulage d’après l’antique

Un thé de rentrée pour le réconfort certes, mais en restant fidèle à des contenants moins rigolos que ceux aperçus dans une vitrine d’un magasin de décoration proche des arcades de la rue de Rivoli

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Une théière insolite parfaite pour les non-conformistes

J’ai eu quelque idée peu avouable en contemplant cet instrument mais je ne dirais pas laquelle !

16 réflexions sur « Paris – Un jour de Toussaint au jardin des Tuileries »

  1. Tant de poésie me ravit ! Tu as toujours le chic pour découvrir ce que personne ne remarquerait…
    Merci pour cette balade dans un Paris tout gris mais tout joli aussi ! Je connais ton goût pour les maintes nuances de gris, 50 pour certains 😉
    Et laissons donc, la nuit venue, tout ce monde s’animer loin de nous…

    • Les « 50 nuances de grey » ne sont pas ma tasse de thé, tu t’en doutes, chère Katell ! Il est vrai qu’en fille du Nord je raffole des ciels plombés ! Et Paris sous le gris n’est pas triste du tout pour moi

      • J’ai feuilleté ce livre au supermarché, les quelques pages lues sont navrantes, je ne comprends pas son succès et ne veux pas le savoir, c’est trop déprimant. Seul, le titre, me plaît, mais il n’est pas inventé car c’est une expression anglophone connue. Il était dès lors facile d’appeler le « héros » Grey… Bref, laissons à d’autres la pauvreté de ce bouquin, nous sommes d’accord !

        • Des bibliothèques entières que je ne pourrais jamais lire faute de temps…Alors les best-seller ! Du style « Da Vinci Code » lu en diagonale cet été et qui m’est tombé des mains avant la fin à force d’inepties

  2. Merci pour cette jolie promenade dans Paris ,et pour la découverte de splendides sculptures,je suis émerveillée ,et parfois surprise.La théière me fait penser à un récipient utilitaire et utilisé dans les hôpitaux dans les années 60.
    La brioche je suis très curieuse et gourmande ,quelle quantité de beurre ;s’il vous plait ….

    • Ah oui, Marie-Thérèse, cela s’appelait un canard et j’en ai gardé des souvenirs amers…
      La brioche est faite de 250 g de beurre pour 500 g de farine, à déguster après une grande ballade cela ne peut pas faire de mal !

  3. Oh j’ai eu -je l’avoue- un peu peur,croyant que c’était votre théière Marie-Claude !
    Et pour moi de la nostalgie dans votre promenade : arrivée à l’automne à Paris, les Tuileries étaient mon square puisque j’habitais rue des Pyramides tout à côté et ma grande soeur m’accompagnait y faire du patin à roulette…et la pâtisserie c’était une tarte alsacienne de notre boulangerie rue Saint Honoré -patron des patissiers !
    Ces couleurs -si multiples de l’automne- sont elles les prochaines sous vos aiguilles ? j’ai hâte de voir !

    • Ah ! La théière est très…curieuse, n’est-ce-pas ? Un (une) styliste qui ne doit pas boire de thé car il suffit de voir qu’elle n’est pas pratique du tout !
      Moi, c’est le jardin du Luxembourg qui m’est cher …Jardin de mes amours !!!
      Ella, les couleurs de l’automne ont revêtus pas mal de blocs qui dorment dans des boîtes depuis…quelque temps !
      Maintenant je travaille avec des couleurs claires, soies écrues de kimonos anciens…Je planche sur la bordure…Patience …

  4. Automne, ma saison préférée,pas si mélancolique au fond.Et ces couleurs, somptueuses.Le gris aussi, qui les contient toutes..
    Aux Tuileries je ne manque jamais d’aller saluer la Nuit, de Maillol.Elle dort, elle fait semblant.Je ne suis pas loin de croire aussi qu’elle peut s’éveiller, lorsqu’on a le dos tourné.
    Merci pour ces moments de rêverie.
    Françoise

  5. Je n’ai jamais été au Jardin des Tuileries. Ma belle-fille m’avait pourtant assurée que ça me plairait beaucoup !

    Ce sera peut-être pour la prochaine fois que je viendrai à Paris. Dieu sait quand maintenant…

    Amitiés.

    • Le jardin est intéressant, mais ni calme ni reposant et bien poussiéreux à cause de la foule que draine le musée du Louvre… J’évite d’y aller à la belle saison mais y flâner en automne après la pluie est bien agréable…

  6. Bonjour Marie-Claude, j’ai bien rit en voyant la théière blanche… Savez-vous que son nom est Mirza !!! qu’on peut la redresser à 90° pour la ranger et qu’elle peut être munie d’un chauffe-théière en forme de manteau pour chien ? ouaf, ouaf. L’étiquette indique un prix de 123 euros (oups)et le manteau coûte quant à lui 20 euros (re oups). Je crois plutôt que je vais me resservir une bonne tranche de cake et profiter des rayons du soleil d’automne si doux avant l’hiver.

    • Merci,Dominique, pour ces précisions bienvenues sur la théière Mirza ! Création cocasse s’il en est (manteau de chien y compris) mais je persiste à croire que pas très pratique
      Mais enfin, j’aime l’imagination débordante des jeunes créateurs (ainsi que leur nom « Tsé Tsé ») même si cela nous fait bien rire !

  7. bonsoir, merci pour cette jolie ballade distinguée. Ah Paris, tu es trop grand pour moi qui n’y vient pas assez souvent. je ne me rappelle plus les allées de ce jardin que j’ai visité lors de mes 14 ans. Pourvu que mon arthrose me laisse encore de beaux jours pour aller y faire un tour lors de la prochaine visite de Paris en pensant à votre poésie pleine de charme pour tout nous expliquer. merci pour ce magnifique partage. Mdereims

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