Higashi Chaya gaï est le quartier des maisons de thé situé à l’est de la ville de Kanazawa

Cet établissement édifié en 1820 est caractéristique du style des maisons de thé de la deuxième partie de l’époque Edo (1603-1868)
Le nom Chaya, maison de thé, ne servait pas de thé en principe ! C’était plutôt un endroit pour venir se détendre agréablement !

Classée comme bien culturel important
Comme dans toutes les villes importantes de cette époque, cette maison de thé recevait des hommes aisés en quête de loisirs raffinés et amateurs de distractions élégantes

Des Shamisen, sorte de guitare à trois cordes, fréquemment utilisés par les Geigi sont entreposés sur le mur
Les personnes se réunissant entre amis venaient s’y distraire en compagnie de Geigi (prononcé Geigui) nom donné à Kanazawa aux Geisha !

Chigaidana (à gauche) – Les étagères de présentation pour les objets rares et précieux caractérisent les maisons de style Shoin
Dans la région du Kansai à Kyôto les Geisha se nomment plutôt Geiko !

Ces Geiki étaient des femmes bien éduquées, aux manières policées, versées dans les arts de la conversation, de la musique, du chant et de la danse

Les gérants de Chaya, qui étaient souvent des Geisha plutôt âgées, faisaient venir les Geigi de l’extérieur, généralement d’une maison de Geisha, afin qu’elles animent de leur art les réunions ou banquets des habitués

Les connaisseurs venaient assister aux prestations artistiques des Geigi en buvant du saké accompagné de mets légers

Les Geigi distrayaient les convives en jouant du Shamisen, du koto ou du tambourin en récitant des poèmes mais surtout entretenaient la conversation tout en servant les boissons !

La couleur rouge des murs ainsi que le nombre de Tatami étaient un signe de luxe

La musique du luth accompagne généralement les chants et récits d’épopées
Dans ce style de maison de thé, les réunions se situaient seulement au premier étage, où les pièces étaient plus grandes et d’une hauteur sous plafond supérieure à celles du rez-de-chaussée

La présentation du Koto est uniquement muséale !
La maison, pour la détente des clients, possède trois grandes pièces luxueuses doublées de salles plus petites où les Geigi, venant généralement avec leurs instruments de musique, se préparaient avant de commencer leur prestation

Chaque pièce possède son brasero qui avait la lourde tâche de chauffer les pièces !

Pièce adjacente au salon des clients
La décoration des pièces est recherchée et la sobriété n’empêche pas nombre de détails soignés …

…tout au moins dans la mesure où les lois somptuaires édictées par le gouvernement de l’époque le permettaient !

La teinte de rouge appliquée sur les murs est obtenue à base de Benibana, colorant extrait de la fleur de carthame, pratique habituelle soulignant la prospérité de la maison !

Un luxe qui n’était permis que dans ce genre d’établissement !

Cette maison de thé expose maintenant les instruments de musique tels ceux joués par les Geigi en accompagnement de leur chants et de leurs danses

Les luminaires posés sur le sol devant des paravents dorés ménagent des zones d’ombres et de lumières tout à fait fascinantes

Le Washi est un papier léger, doux et solide

Les pièces de la maison sont reliées entre elles par des étroits couloirs



Chaque pièce de la maison possède son Tokonoma, alcôve où s’expose un rouleau de peinture et un arrangement floral
Les pièces de l’étage ont vue sur la rue, une galerie-vestibule couverte courant le long de la maison les sépare de la balustrade de l’avancée en forme de petit balcon

La vue sur la rue pouvait être dissimulée par des stores de lamelles de bambou qui servaient aussi de protection contre l’ardeur du soleil

Les pièces du rez-de-chaussée servaient à l’intendance de la maison

C’est là que le gérant de la maison de thé accueillaient ses clients et qu’il réglait ses affaires quotidiennes …

… et qu’il faisait des pauses détente en fumant !

Il était pratique de fumer auprès du brasero !
La maison sera encore présente dans le prochain article …A suivre …