J’aime chiner, comme beaucoup de quilteuses, sur les stands de mercerie ancienne, mais je n’aime que les objets dans lesquels la main de l’homme a ajouté une valeur artistique aux fabrications en série
Ma dernière trouvaille, ces deux paires de ciseaux anciens de brodeuse, a permis d’augmenter ma petite collection de deux pièces assez curieuses

Ciseaux de brodeuse en acier – XIXe ou début XXe siècle
Dans ma collection, des petits ciseaux de brodeuse en argent aux motifs délicatement ouvragés datant du XIXe siècle…

Ciseaux en argent – XIXe siècle et années 1930
… Venant de nécessaires de couture démembrés…

Ciseaux en argent – Motif floral « Art Nouveau » typique des années 1880-1900
…Et de provenance incertaine…Mais encore en bon état de coupe…

Ciseaux en argent – Motif Louis XVI – Fin du XIXe siècle
…Et des productions des manufactures de Nogent dans les années 1930, reprenant des modèles classiques antérieurs du début du siècle

Ciseaux de brodeuse en acier – Années 1930
Dans une veine populaire et amusante, fabriqués en acier brut ou avec une « finition antiquaire », ces ciseaux étaient alors courants et peu coûteux

La cigogne 1930 et sa fruste imitation de nos jours
S’il est aisé de comprendre que les lames des ciseaux correspondent bien au bec de la cigogne, que dire du lièvre ?
Peut-être une allusion à sa vitesse de coupe !

Ciseaux en acier – Motif « Tour Eiffel » – Copie 1930 du modèle fait pour l’Exposition Universelle de 1889
La grande popularité des motifs cigogne, lièvre, coq, cœur, épis de blé, etc…est toujours d’actualité, mais leur fabrication de nos jours ne reflète pas la qualité du travail de l’époque

Ciseaux de Nogent en acier « finition antiquaire » – Années 1950
Même fabriqués en série, ces ciseaux anciens étaient en principe vérifiés à la main pour offrir une bonne qualité de coupe

Ciseaux des années 1950 et à droite des années 2000 de moindre qualité
Sur les Salons de loisirs décoratifs, j’ai rencontré plusieurs fois un exposant vendant un stock de ciseaux de Nogent des années 1950

Ciseaux de brodeuse « finition antiquaire » en acier doré – 1950
Cet ancien ouvrier cisellier, passionné par son métier, a démonté, ajusté, affûté, remonté chaque paire de ciseaux qu’il propose à la vente sur ces Salons à des prix très accessibles pour des outils vraiment remarquables
Une bonne paire de ciseaux se reconnait à ses marques d’appairage gravées à l’intérieur des lames, souvent des chiffres, qui sont le signe d’un parfait ajustage des branches des ciseaux

Modestes ciseaux pliants dont la forme reste inchangée depuis des décennies – Celui de droite vient de Tunisie
Au Japon, le mot générique des ciseaux est « Hasami »

Vieux « Nigiribasami » dont les fils de soie atténuent la rugosité du fer de leur fabrication – Les petits sont destinés aux trousses de couture
On utilise couramment ce genre de ciseaux en forme de U « Nigiri basami » ou ciseaux que l’on serre, pour les petits travaux de couture, ils sont vraiment commodes pour couper les fils et presque indispensables à côté de la machine à coudre
Les ciseaux à deux branches séparées ont été introduits au Japon à la fin du XIXe siècle en même temps que la machine à coudre et la mode occidentale
Mais les Japonais les trouvant grossiers et peu commodes, les ont modifiés techniquement pour les adapter à leur main !
Par conséquent ils sont beaucoup plus légers et maniables que nos lourds ciseaux de coupe

« Tachi basami » ou ciseau de coupe japonais
Je garde ainsi précieusement les grands ciseaux de couture de ma belle-mère qui ont vu défiler entre leurs lames des métrages impressionnants de tissus depuis plus d’un demi-siècle !

La marque encore très réputée de nos jours « Shozaburo » de Tokyo
Dans un Japon ravagé après la guerre, où la vie quotidienne était si difficile, mon beau-père n’avait pas hésité à offrir à sa femme, habile couturière, ces indispensables et coûteux ciseaux en fer et en acier
Ces deux types de ciseaux existent depuis l’Antiquité et leur modèle n’a guère varié depuis ce temps

Ciseaux modernes d’usage quotidien
Bien moins jolis mais très pratiques les ciseaux de marque Fiskars sont de bons atouts en cas de couture intense !
Quant aux Clover, ils me suivent fidèlement sans rechigner depuis que je les ai découverts au Japon il y a un peu plus de 30 ans
Une célèbre marque de mercerie ancienne reprise depuis peu propose des copies de ciseaux anciens et même s’ils sont assez séduisants à première vue, les mentions façon écaille, façon nacre, etc… sont des euphémismes pour de la banale matière plastique !
Et en cas de chute sur du carrelage, ils ne tiennent pas leur promesse !
Il leur manque, pour moi, le charme des « vieilleries » trouvées au hasard des brocantes

Petit ensemble en argent – Années 1930
Les étuis à aiguilles anciens complètent assez bien une collection de vieux ciseaux

Étuis à aiguilles en argent – Fin XIXe siècle
Eux aussi, viennent d’écrins démembrés par le temps…Et se retrouvent esseulés sans ciseaux et sans dés

Étuis à aiguilles en argent – Fin XIXe siècle de style Louis XVI et Art Nouveau
Ces modestes petits étuis me séduisent par leurs formes et leurs décors raffinés …

Étui à aiguilles en argent – Milieu du XIXe siècle
…où le style décoratif du XVIIIe siècle inspirait toujours les artisans et les orfèvres

Tire-lacet, tire-bottine et poinçon – argent – XIXe siècle
Sans vraiment faire de collection, des petits pique-épingles artisanaux confectionnés par des amies…

Dans des noix du Japon…ou des pays de l’Est…
…avec des noix et des vieux tissus complètent mon coin couture avec tendresse

…En soie de kimono…ou en tissu ancien Aizome
Modestes objets de brocante…

…Et souvenirs d’une visite à Lyon dans le quartier de la Croix Rousse

Navettes de métiers à tisser les rubans de soie – XIXe siècle
De nouveaux petits ciseaux sont venus compléter ma collection, en novembre 2011