Kôbun-tei est un pavillon renommé comme attrait principal du Kairaku-en, jardin/parc à Mito, dans la préfecture d’Ibaraki

Le pavillon fut édifié en 1842, au milieu du jardin, dans le style des résidences nobiliaires de l’époque Edo par Tokugawa Noriaki, le créateur de l’ensemble paysager, pour servir de lieu de détente et de repos

L’aristocratie étant férue de concours de poésie, le nom choisi pour le pavillon s’inspira du vieux mot Kôbun signifiant prunier

Les dalles du jardin sont asymétriques, la ligne droite étant proscrite dans les jardins japonais !
Un nom choisi en référence à une ancienne maxime chinoise prétendant que « les pruniers fleurissent quand on se consacre à l’étude mais ne fleurissent plus si on l’abandonne »

Le pavillon principal Oku Goten se compose d’une structure en bois de trois étages de plain-pied relié à un second bâtiment situé en arrière de celui-ci

L’ensemble fut détruit lors d’un raid aérien en 1945 mais fut entièrement reconstruit une dizaine d’années plus tard
D’autres dommages survinrent au cours des décennies suivantes, incendie dû à la foudre, tremblement de terre … mais Kôbun-tei fut toujours restauré dans le style initial de sa construction

Kôbun-tei est érigé dans le style Sukiya, architecture civile de la noblesse guerrière, inspirée par l’esthétique élitiste des pavillons de thé des grands temples bouddhiques d’obédience zen

Le style Sukiya, privilégie, en harmonie avec la nature, les matériaux naturels, bois écorcé, tronc d’arbre laissé brut, torchis, paille, papier et l’utilisation du bambou, élément nouveau à cette époque dans les résidences secondaires aristocratiques

Les toits recouverts de chaume abritent des charpentes apparentes ou des plafonds constitués de planches de bois poli, une recherche de simplicité extrême en harmonie avec la nature mais où rien n’est l’œuvre du hasard

Les pièces sont plus petites que dans les résidences princières, ouvertes sur le jardin environnant par le jeu des Shôji plus ou moins ouverts pour ménager des échappées sur le jardin

Le système modulable des Shôji permet à volonté de diviser l’espace ou de l’agrandir en les enlevant complètement

La simplicité des lignes, la décoration sobre concourent à la détente dans un environnement rustique pour profiter de spectacle de la nature au fil des saisons

Oku Goten, la résidence principale aux pièces recouvertes de peintures est reliée au pavillon situé derrière celle-ci par un couloir en dos d’âne

La grande pièce à l’étage dans ce bâtiment tenait lieu de salle pour les gardes et pour les serviteurs chargés du service du thé

L’étage comportait aussi un monte-plats comme dispositif de transport des repas

Les décors initiaux de la résidence ont disparu dans les incendies, l’actuelle décoration des Fusuma est une recréation des années d’après-guerre

Peinture de Tanaka Seihyô
Les peintures très fragiles des quatre-vingt-seize Fusuma, panneaux modulables intérieurs et recouverts de papier Washi, doivent être restaurées régulièrement

Peinture de Tanaka Seihyô
Les deux peintres Tanaka Seihyô (1903-1994) et Suda Kyôchû (1907-1964) réalisèrent les décors dans le style Nihon-ga, la peinture traditionnelle japonaise

Peinture de Tanaka Seihyô
Les deux pièces au sol de planchers de bois étaient réservés au service des repas

Les pièces étaient occupées par le seigneur et sa nombreuse suite, gardes et serviteurs

Peinture de Suda Kyôchû
L’épouse et ses dames d’honneur résidaient dans les pièces les plus en retrait

Peinture de Tanaka Seihyô
Les peintures illustrèrent en style élégiaque ou plein de vivacité les différentes saisons de l’année

Peinture de Tanaka Seihyô
Les sujets traditionnels arborent des couleurs vives, libres et joyeuses

Peinture de Tanaka Seihyô

Peinture de Suda Kyôchû

L’envolée de moineaux de la pièce aux lespédèzes est particulièrement charmant

Peinture de Suda Kyôchû

Peinture de Tanaka Seihyô
Les peintures de bambous traduisent bien la profusion et la vigueur d’une plante si indispensable dans les arts au Japon

Peinture de Tanaka Seihyô
Des panneaux peints en bois de cèdre fermaient des portes servant de lieux de repos pour les invités


Toutes les décorations qui devaient orner la résidence ayant disparu, l’éblouissement ressenti devant les seules peintures des Fusuma laissent d’autant plus émerveillé

Le décor là aussi est naturaliste
Les prunes et les pruniers étant le leitmotiv d’une visite au Kairaku-en, le petit salon de thé installé dans un coin du pavillon ne pouvait qu’entretenir ce thème !

Boisson servie brûlante et disposée astucieusement dans un contenant en bois au nom de Kôbun-tei
(Masu, destiné autrefois à mesurer le riz)